lundi 14 février 2011

Réforme du lycée et STIDD

La réforme du lycée et son volet technologique en STI2D (Sciences et technologies industrielles développement durable) réduit l'offre de formation : de 12 filières technologiques du Génie industriel , il ne demeure qu'un seul bac technologique décliné en 4 spécialités. L'articulation théorie-pratique qui faisait l'originalité de cette formation disparaît avec la suppression des séances d'atelier.
La réforme du Bac pro en 3 ans avait déjà redistribué les cartes en affichant l'objectif d'une poursuite d'étude vers un BTS ou un DUT. Comment un baccalauréat technologique qui a les mêmes objectifs mais des exigences supérieures en terme de formation générale pouvait-il résister ? Loin de répondre à cette question essentielle , la série STI2D est conçue comme une arme de destruction massive de postes et d'équipements dans des ateliers considérés comme trop coûteux.
D'ailleurs, le projet est clairement affiché : en commission technique paritaire académique, le mardi 18 janvier, Mme le Recteur de Rouen a déclaré que la voie technologique est « déprofessionnalisée ». En clair, la série STI2D est une formation générale et peut être implantée dans les lycée généraux. La technologie industrielle ne serait-elle donc qu'une forme de prolongement de la technologie en collège ?
Avec cette réforme, les spécialités industrielles sont ainsi vouées à se fondre dans un enseignement technologique polyvalent. Par réaction en chaîne, les enseignants de STI perdent leur identité professionnelle et sont contraints d'accepter des formations alibis, dans des conditions inacceptables de pressions hiérarchiques et d'improvisation, sans aucune compensation en terme de décharge horaire et de rémunération. Toute la profession est déstabilisée par les menaces de suppression massive de postes et de reconversions imposées. Toute réforme doit être construite à partir d'une évaluation précise du dispositif précédent. Est-ce le cas ?
Toute réforme doit être bénéfique pour les élèves en matière d'accès aux formations , en matière de poursuite d'étude pour accéder à des emplois qualifiés . Est-ce le cas?
En l'absence d'information officielle sur les contenus comme sur l'organisation des enseignements, comment les élèves et leurs parents peuvent-ils s'engager vers une formation dont on ignore encore les finalités et les modalités d'évaluation ?
Au delà des difficultés rencontrées par les enseignants de STI et de Physique appliquée pour la poursuite de leur carrière (mesures de cartes scolaires, TZR obligés d'enseigner une autre matière, compléments de service en collège ), c'est une porte qui se referme pour les élèves de la voie technologique , d'origine souvent défavorisée. L'accès aux études supérieures avait fortement progressé grâce à la voie technologique industrielle , rouage important de l'ascenseur social. Mais cette formation a un coût :celui de l'exigence et de l'ancrage dans le domaine technologique, reconnu par les industriels.

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